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"Marc Chagall, images gravées, images rêvées"

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« Il me semble que quelque chose m’aurait manqué si, à part la couleur, je ne m’étais pas occupé aussi, à un moment de ma vie, des gravures et des lithographies ». Marc Chagall (1887-1985) réalise ses premières estampes à Berlin en 1922. Il a pratiqué au cours de sa longue carrière différentes techniques - pointe-sèche, eau-forte, lithographie - pour créer des œuvres isolées autant que pour illustrer des ouvrages à caractère sacré ou profane.

« Depuis ma première jeunesse, j’ai été captivé par la Bible. Il m’a toujours semblé et il me semble encore que c’est la plus grande source de poésie de tous les temps » : une grande part de la production de Chagall est née de sa fascination pour ce texte sacré auquel peu d’artistes au XXe siècle se sont confrontés.

En 1956, il publie chez Tériade, un des grands éditeurs d’art du XXe siècle, 105 illustrations gravées de la Bible. Ces gravures trouvent un prolongement en peinture dans d’immenses toiles réalisées entre le début des années 1950 et la fin des années 60.  

En 1973, un musée est créé à Nice pour accueillir cet ensemble intitulé le « Message Biblique ». En 2008, les œuvres ayant été données à l’État par l’artiste, le musée devient le musée national Marc Chagall.

La sélection de gravures exposées ici est issue de cette collection nationale qui rassemble la majeure partie de l’œuvre gravée de Chagall et en particulier les plaques de cuivre originales qui ont servi de matrice pour le tirage des illustrations de la Bible.

L’exposition offre la possibilité de découvrir les processus créatifs de l’artiste qui, selon ses propres mots, ne voyait pas la Bible, mais la rêvait.

La technique de l'eau forte

L’eau forte est un procédé de gravure sur métal.

Sur une plaque de cuivre préalablement enduite de vernis, l’artiste grave les motifs avec une pointe métallique. La plaque est ensuite plongée dans un bain d’acide (l’eau-forte). L’acide attaque toutes les parties gravées, c’est-à-dire celles qui ne sont plus protégées par le vernis, créant ainsi des creux. L’encre est ensuite déposée sur la plaque et s’infiltre dans les parties gravées. Lors du passage sous presse, le dessin encré est imprimé sur la feuille de papier.
 

Les techniques de gravure pour les illustrations de la Bible



Sous le terme d’estampe sont regroupées les images réalisées grâce à différentes techniques d’impression. Une planche gravée et encrée, dite matrice, permet de reporter sur papier une image en un grand nombre d’exemplaires, nommées épreuves.
Pour ses illustrations de la Bible, Marc Chagall a choisi un procédé où le dessin est gravé en creux dans la plaque de métal, ici une plaque de cuivre. Il mêle deux techniques, dont le support est identique mais les outils différents : un procédé chimique, l’eau-forte, et un procédé mécanique, la pointe-sèche.
Afin de réaliser une eau-forte, la plaque de métal est tout d’abord enduite d’un vernis protecteur. L’artiste dessine ensuite avec une pointe métallique les motifs à la surface de la plaque. Les zones de tracés éliminent le vernis et mettent à nu la plaque de cuivre. La plaque subit par la suite un traitement à l’acide (eau-forte), désigné par le terme de morsure. Les zones de tracé deviennent des lignes ou des espaces en creux sous l’action de l’acide. La plaque est ensuite encrée : l’encre se dépose dans toutes les parties creusées du dessin. Lors du passage sous la presse, le dessin encré est imprimé sur la feuille de papier.
Pour les illustrations de la Bible, Chagall complète souvent ce travail avec une technique de gravure directe. Il incise à la surface de la plaque de métal les motifs avec la pointe sèche, une fine pointe de métal. Certaines zones sont également polies au brunissoir ou au papier de verre, pour obtenir différentes tonalités claires.
Un léger enfoncement rectangulaire, appelé cuvette, s’observe sur la feuille autour de la surface imprimée après tirage : c’est la marque de la plaque. Le nombre de tirages est limité. Tériade édita en 1956 à Paris en 295 exemplaires l’ouvrage Bible. Eaux-fortes originales de Marc Chagall. Les plaques de cuivre, ne pouvant plus être réutilisées, ont ensuite été barrées : ce sont les deux traits obliques visibles dans la partie inférieure gauche.
 

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