Musée national de la Renaissance, Chateau d'Ecouen

Le musée national de la Renaissance se situe à Ecouen, à ving kilomètres au nord de Paris, dans le château construit par Anne de Montmorency, le connétable de François 1er.

Le château d'Écouen, qui surplombe la belle étendue de la plaine du pays de France lancée à la rencontre de la forêt de Chantilly, abrite aujourd'hui les collections exceptionnelles du musée national de la Renaissance. Il est pour elles un écrin tout aussi exceptionnel.

Propriété d'un grand seigneur de la Renaissance, Anne de Montmorency, qui a grandi dans l'intimité de François Ier, puis prospéré sous la protection d'Henri II, Écouen n'est pas une demeure comme les autres : elle inscrit dans ses pierres les ambitions et les succès d'un homme puissant qui est aussi un mécène et un esthète passionné d'art. Elle incarne la vision moderne d'un seigneur qui guerroya en Italie et se promit de retrouver un jour sur ses terres l'éblouissement qu'il connut face aux palais transalpins.

Il se prête à merveille à la découverte de cette époque captivante et sa visite permet d’apprécier un patrimoine remarquable : architecture, décor intérieur et objets d’art.

Du château au musée national de la renaissance

La Révolution affecte au château diverses fonctions : lieu de réunion d'un club patriotique, prison militaire, hôpital.

Enfin, Le 15 décembre 1805, Napoléon y prescrit par décret l'ouverture d'une maison d'éducation pour les filles de la Légion d'Honneur.

En octobre 1807, après la reconstruction d'une aile orientale, la rentrée des élèves se fait sous la direction de l'intendante Madame Campan à laquelle Napoléon avait dit : " Faites-en de bonnes mères de famille catholique, je ne veux pas de bas-bleus ".

Elles seront quelques milliers à connaître cette éducation, quoique Écouen ait cessé de répondre à ces voeux entre 1814 et 1850, période où Louis XVIII le restitue aux Condé qui le laissent peu ou prou à l'abandon, à partir de 1830.

En 1850 Louis-Napoléon y fait transférer la Maison de la Légion d'honneur située rue Barbette à Paris. Désormais, l'éducation des jeunes filles est à nouveau le rôle principal d'Écouen, jusqu'en 1962.

On le met alors à disposition du Ministère des Affaires culturelles pour y accueillir le musée national de la Renaissance qui ouvre ses portes après de lourds travaux de restauration en 1977. Il abrite une prestigieuse collection d’arts décoratifs : mobilier, orfèvrerie, sculptures, céramiques, armes, émaux, cuirs peints et tapisseries. L'essentiel des collections qu'on y trouve - dont la splendide tapisserie de David et Bethsabée, avec ses dimensions contraignantes, 75 m de long sur 4,50 m de haut, qui ont trouvé dans la galerie de Psyché un havre providentiel - vient du musée de Cluny, où elles ont été acquises par Edmond du Sommerard. Quant aux objets provenant du château - vitraux, pavements, serrures ou fragments rescapés de l'aile orientale - ils ont été intégrés à la muséographie.