Angela Bella (portrait idéal)

Angela Bella (portrait idéal)

Angela Bella (portrait idéal)

Le portrait à la Renaissance
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Matière et technique: 
faïence polychrome
Origine et date: 
Casteldurante, vers 1530-1540
Artiste(s): 

Coupe sur pied lustrée à Gubbio : femme en buste de 3/4 avec une inscription sur banderole : "Angela Bella"

Cette jeune femme au regard tentateur, vêtue et parée à la meilleure mode italienne des années 1530, est peinte dans le fond d'une coupe sur pied bas.

Cette coupe fait partie de la production de majolique des ateliers de Casteldurante au nord de l'Italie.

Ces céramiques colorées mettaient en scène une beauté idéalisée, accompagnée d'un prénom inscrit sur un ruban, sans chercher à représenter une personne précise et réelle.

Uniquement décoratives, ces « coupes d'amour » constituaient des cadeaux très appréciés.

Le visage souriant et le regard malicieux de la jeune femme représentée sur cette coupe en majolique retient l’attention. Vêtue et coiffée avec élégance, richement parée, elle porte des boucles d’oreilles ainsi qu’un pendentif en corail, qui, croyait-on à l’époque, protégeait des maladies.

Ce portrait ne reproduit pas les traits d’une femme qui aurait existé : il s’agit d’un portrait idéal. L’inscription sur la banderole qui encadre le visage le confirme : « Angela Bella », la beauté d’Angela, est un thème central dans la littérature et les arts de la Renaissance.

On retrouve ce genre de portraits sur de nombreuses majoliques, particulièrement celles produites à Casteldurante en Italie. L’artiste avait à sa disposition des portraits gravés ou peints de « belle donne » qui circulaient dans les ateliers. Cette « vaisselle d’amour », souvent offertes en guise de cadeau de fiançailles, n’était pas utilisée au cours des repas mais exposée dans les riches demeures.

"Majolique" est le nom donné à la faïence italienne de la Renaissance et par extension à toutes les faïences fabriquées selon la technique italienne. C'est au Moyen Âge que les populations musulmanes l’introduisent en Espagne et en Italie. Vers la fin du XVe siècle, les modèles orientaux et gothiques sont abandonnés au profit d’un style propre à la Renaissance. L’attrait pour la figure humaine qui touche tous les arts se retrouve naturellement dans la céramique.

Le processus de fabrication est complexe . La pièce est façonnée en argile puis trempée dans un bain à base d’étain. Sur cet émail blanc et opaque, des décors sont réalisés au moyen de pochoirs dits poncifs. Des oxydes métalliques réduits en poudre mélangés à un liant sont posés à main levée. Après la cuisson à grand feu, entre 800 et 900 degrés, ils dévoilent leurs couleurs. La technique du lustre utilisée ici permet d’agrémenter la pièce de reflets métalliques.