L’Arc-en-ciel, signe d’alliance entre Dieu et la Terre

L’Arc-en-ciel, signe d’alliance entre Dieu et la Terre

L’Arc-en-ciel, signe d’alliance entre Dieu et la Terre

"Marc Chagall, images gravées, images rêvées"
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Matière et technique: 
Gravure à l’eau forte et à la pointe-sèche
Plaque de cuivre ayant servi de matrice pour l’impression
Origine et date: 
1931-34
Artiste(s): 

La colère de Dieu entraîne le déluge sur la Terre. Seuls survivent les occupants de l’arche construite par Noé sur l’ordre de Dieu : Noé et sa famille, ainsi que des représentants de chaque espèce animale. Noé, à l’abri dans l’arche, s’apprête à laisser s’envoler la colombe. Elle reviendra avec un rameau d’olivier, signe que les eaux se sont retirées de la Terre.

Sur les 105 illustrations de la Bible de Marc Chagall, quatre sont consacrées à l’histoire de Noé.

La fin du déluge et la sortie de l’arche marquent une nouvelle étape pour l’humanité et la fin du courroux divin. En remerciement, Noé offre un sacrifice à Dieu qui le bénit ainsi que ses fils, les invitant à peupler la Terre. Dieu assure à Noé et à sa descendance, mais aussi à tous les êtres vivants, que désormais, il n’y aura plus de déluge sur la terre. Cette alliance est scellée par un signe envoyé par Dieu : un arc dans le ciel.

Marc Chagall réussit le défi de représenter les couleurs de l’arc-en-ciel dans une technique de gravure où le noir et blanc est de rigueur. Il laisse une zone courbe en réserve, c’est-à-dire qui n’est pas couverte par l’encre dans le tirage, pour évoquer la transparence de l’arc. Cette apparition dans le ciel est renforcée par la silhouette d’un ange sans visage qui semble accompagner le mouvement de l’arc. Noé est allongé au premier plan, levant les mains en signe d’étonnement. Le paysage dans lequel se déroule la scène est évoqué sommairement : un buisson, un rocher, un édifice surmonté d’un dôme, quelques volatiles et un animal. N’occupant que le tiers inférieur de l’image, tout ce qui se rattache à la terre est largement dominé par le domaine des cieux. Mais les deux univers ne sont pas opposés : ils sont au contraire unis par l’arc qui occupe la majeure partie de la hauteur de la feuille.

Dans ses illustrations pour la Bible, Chagall ne représente jamais Dieu. La présence divine est toutefois mentionnée de manière suggestive. Ici, l’ange qui se dessine derrière l’arc-en-ciel présente un profil barbu. Or, dans les images chrétiennes, la barbe est l’attribut de Dieu plutôt que des anges. Ce détail étonnant révèle la liberté de Chagall dans son travail autour de l’Ancien Testament : sa vision n’est ni uniquement juive ni uniquement chrétienne.