Portrait de couple

Portrait de couple

Portrait de couple

Le portrait à la Renaissance
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Matière et technique: 
Peinture sur argent
Origine et date: 
Angleterre, 1592
Artiste(s): 

La technique de la peinture sur une plaque d'argent est très appréciée à la Renaissance pour les portraits miniatures car le poli du support favorise la finesse de l’exécution.

Peints par un artiste anglais resté anonyme, ces deux personnages somptueusement vêtus évoquent une habitude répandue en Europe du Nord au XVIe siècle, celle du portrait en couple.

Si la mode en vient des pays flamands, l'Angleterre d’Élisabeth I l'a adoptée et en a laissé des illustrations particulièrement frappantes.

Il est frappant de comparer les dimensions du portrait de la reine Eléonore, exposé un peu plus loin, et celles de ce portrait miniature dit « de mariage ».

Les jeunes mariés, représentés à mi-corps sur un fond gris bleu, posent avec une élégance toute aristocratique : l’homme se tient bien droit, une main sur la hanche et l’autre entourant délicatement la taille de son épouse. Tous deux regardent le spectateur.

La forme générale des costumes témoigne de la mode présente dans toute l’Europe : la jeune femme porte un vertugadin dont l’usage s’est répandu en Espagne mais aussi en France et en Angleterre. Il s’agit d’une sorte de bourrelet qui donne de l’ampleur à la robe. Le pourpoint à larges manches de l’homme ne nous permet pas non plus de définir avec certitude leur pays d’origine.
Par contre, plusieurs caractéristiques de la mode anglaise de la fin du XVe siècle sont visibles ici : les époux sont vêtus de noir et ont un teint très pâle. La richesse des tissus, l’abondance des bijoux féminins et la délicatesse des fraises encadrant leurs visages sont semblables à certains portraits anglais des années 1590.

Si vous vous approchez, vous pourrez distinguer en haut  une inscription inscrite en lettres d’or et tirée du Nouveau Testament, qui signifie « Eux que Dieu a unis, que l’homme ne les sépare pas. 1597».

Ce portrait est peint à l’huile sur une plaque d’argent. Cette combinaison, quoique rare, est appréciée à l’époque pour les portraits miniatures : le poli du support permet une très grande finesse d’exécution et l’usage de l’huile donne un rendu minutieux de la chair ainsi que des reflets et détails des étoffes.